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Compagnies low cost

Le modèle low cost : coûts bas - prix bas - pas de service

Né il y a 35 ans aux Etats-Unis avec la compagnie Southwest Airlines, le modèle low cost s'est ensuite développé en Europe dans les années 1990, après la libéralisation du transport aérien et la naissance du ciel unique européen en 1993.

Aujourd'hui, en Europe, deux compagnies, Ryanair et easyJet mènent le jeu : leurs parts de marché sur le moyen-courrier dépassent celles des autres compagnies à bas coûts européennes.

La stratégie de développement du concept low cost peut être résumée par la formule : low cost (coûts bas), low fares (tarifs bas), no frills (pas de services).

  • Low cost : tous les coûts font l'objet d'un soin extrême et sont réduits au maximum : flotte monotype, forte productivité des personnels navigants, réseau simplifié desservant entre elles des villes secondaires, ou encore externalisation de nombreux postes (maintenance, commissariat, ...)
  • Low fares : les coûts bas permettent à la compagnie de proposer des tarifs très bas avec une grille tarifaire très simplifiée
  • No frills : le service à bord est quasiment inexistant et le personnel de cabine (hôtesses et stewards) est réduit au minimum requis par la réglementation. La relation entre la compagnie et le client se limite à sa plus simple expression, le contrat de transport. De plus, chaque prestation est facturée.

Autour des deux leaders Ryanair et easyJet, les faillites se sont multipliées : plus de 20 compagnies low cost ont disparu, montrant en cela les limites de ce concept, surtout en Europe, où la structure du marché est différente de celle de l'aérien aux Etats-Unis :

  • les liaisons rentables sont déjà exploitées ;
  • le poids du charter est encore important en Europe ;
  • la concurrence avec le transport ferroviaire privilégié par l'Union européenne est frontale sur les courtes distances ;
  • la compétition entre compagnies low-cost s'intensifie avec un risque de surcapacité.

Face à la concurrence du modèle low cost, les compagnies traditionnelles européennes possèdent de meilleurs atouts que les transporteurs américains.

En effet, Air France et KLM disposent d'un réseau articulé autour de deux hubs qui relient les trafics moyen-courriers aux trafics long-courriers, alors que les plates-formes américaines connectent entre eux des vols moyens courriers, un dispositif facile à contourner par les compagnies low cost.

Air France a également fait évoluer son produit moyen-courrier pour tenir compte de la concurrence des transporteurs low cost, réduire ses coûts d'exploitation et répondre aux attentes évolutives des passagers.

La grille tarifaire a été entièrement revue : les prix sont nettement plus attractifs et offerts dans des volumes importants. Par exemple, 15 000 sièges, soit l'équivalent de 90 A320 sont proposés quotidiennement aux tarifs les plus bas sur le réseau domestique.

En contrepartie de la baisse des prix voulue par les clients, sur le réseau moyen-courrier segmenté en fonction de la distance et de la typologie de clientèle, le produit a été simplifié et rendu plus facile d'accès. Densification des cabines, simplification du produit à bord et déploiement des e-services sont les principales caractéristiques de la refonte du produit moyen-courrier.

focus

L'exposition d'Air France face aux compagnies low cost est limitée

La part du chiffre d'affaires d'Air France réalisée sur l'activité comparable à celle des compagnies low cost, le trafic court et moyen courrier de point à point, est limitée à 31%.
Le reste des passagers transportés sur ces vols constituent en effet du trafic de correspondance. Par ailleurs, la forte part de marché du rail sur le marché domestique français (plus de 80% en 2004), a un effet très dissuasif sur les low cost : easyJet a ainsi renoncé à la desserte de Marseille au bout de deux ans, ne pouvant rivaliser avec le tarif d'appel de 19 euros proposé par la SNCF.