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Évolution du trafic aérien mondial*

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EN BREF

Le transport international aérien a connu de profonds bouleversements en 20 ans.

Cette perpétuelle mutation continue à générer de nouveaux acteurs et oblige les compagnies à améliorer leurs offres en permanence pour rester compétitives.

Les compagnies du Golfe persique et asiatiques ainsi que les low cost constituent des concurrents redoutables pour les compagnies américaines et européennes.

LES FAITS

> 3,3 milliards de passagers transportés en 2015 (contre 1,1 milliard en 1990)

> 30 milliards de dollars de profit pour l’ensemble du secteur aérien en 2015

> Forte augmentation des aéroports asiatiques au Moyen-Orient et croissance modérée des aéroports américains et européens
 

Le Top 5 des aéroports au plus fort taux de croissance entre 2000 et 2014 

  • Jakarta Soekarno Hatta + 13 ,9%
  • Dubaï + 13,3 %
  • Guangzhou Baiyun +10,9%
  • Pékin + 10,8 %
  • Istanbul Atatürk + 10,1 %

Top 5 des taux de croissance du nombre de passagers par compagnie entre 2000 et 2013 

  • Emirates 22,7  %
  • Ryanair 20,8  %
  • Easy jet 19,5  %
  • Air China 19,1  %
  • China Eastern 18,3  %
  • (Pour rappel,  Air France-KLM + 2,7 %)


Top 5 des transports de passagers par compagnie entre  2000 et 2013 (en millions de passagers)

  • Delta (avec Norhwest) 165
  • Southwest 108
  • China Southern 92
  • United (avec Continental) 90
  • American Airlines 87
  • (Pour rappel Air France-KLM 78 soit la 8e place)

COMMENTAIRES 

Le secteur aérien vit de profondes mutations : un nombre de passagers qui a triplé en 25 ans, l’apparition de nouveaux acteurs et de nouveaux pôles géographiques d’activité qui remodèlent l’équilibre du transport aérien. Pour autant, ce secteur à forte croissance ne génère qu’une faible rentabilité sur le long terme : les cycles économiques et pétroliers ont fragilisé jusqu’à présent les grands acteurs. Néanmoins, depuis quelques années, de nouveaux acteurs semblent être capable de dégager des profits y compris en « bas de cycle » (comme Ryanair) et générer un rendement financier substantiel (Delta depuis 3 ans, IAG). 


Une croissance qui n’est pas homogène : entre 1992 et 2013, le trafic aérien en Asie est passé de 20 % à 32 % du trafic mondial, celui du Moyen Orient de 2 à 5 %. Quant à celui de l’Amérique du Nord, il a diminué de 41 à 26 %. L’Europe, elle, se maintient à une part relativement stable autour de 27 %. Ces évolutions reflètent les modifications des poids économiques et démographiques par continent. 


Le transport aérien est fortement dépendant de la croissance économique d’un pays (globale et nationale) et démographique. Mais des facteurs politiques et légaux contribuent aussi à sa démocratisation : c’est par exemple le cas de la libéralisation du trafic, intervenue aux USA dès 1978, et effective à partir de 1997 en Europe. Cette libéralisation a eu comme conséquence d’ouvrir de nouvelles routes. De nouvelles compagnies sont apparues sur le marché, provoquant une concurrence accrue qui a notamment mis à mal les acteurs historiques du transport aérien. Pour être plus attractives, certaines compagnies ouvrent  de nombreuses routes, en particulier celles qui bénéficient d’une structure de coût compétitive et qui peuvent prendre davantage de risque financier en « défrichant » certaines zones ou lignes. Résultat, le transport aérien est souvent en situation de surcapacité chronique, avec une offre de sièges plus importante que la demande.


L’apparition des low cost a accéléré la révolution du transport aérien court et moyen-courrier : en 15 ans seulement, ils ont capté 24 % des passagers transportés en France. Leur modèle (un seul type d’avion en haute densité, une forte utilisation des avions, la distribution directe et une stratégie d’évitement des intermédiaires) a obligé les autres compagnies à repenser leur fonctionnement. 

Le long courrier, lui, souffre de l’offensive des compagnies du Golfe persique et des pays asiatiques, qui bénéficient de l’appui politique et économique de leur gouvernement. Elles se sont rapidement développées sur des flux de passagers entre l’Europe, l’Afrique et l’Asie, en proposant des voyages de qualité à prix modéré. Cette concurrence oblige les compagnies aériennes traditionnelles à réagir : baisser leurs coûts, revoir leur modèle d’exploitation, améliorer leur offre et  rechercher des partenariats locaux.  



* Toutes les données de cet article sont issues de la revue Questions Internationales - Le transport aérien – La documentation Françaises n°78 Mars-avril 2016. Le dossier exploite différentes sources officielles :  

Direction générale de l’aviation civile, Observatoire de l’aviation civile, Organisation de l’aviation civile internationale (OACI), Direction du transport aérien (DGAC/DTA), Airports council International (ACI), IATA essentiellement.