Energie

Le système des couvertures pétrolières


► Répond à plusieurs objectifs

La stratégie des couvertures répond à plusieurs objectifs :

  • introduire une visibilité dans une dépense a priori imprévisible, en se prémunissant contre toute hausse violente des prix du carburant,
  • lisser dans la durée l’évolution du poste « carburant » dans la structure des coûts. Cela donne à Air France le temps nécessaire pour adapter celle-ci au nouveau contexte des prix élevés des prix du pétrole, en modernisant sa flotte par exemple,
  • disposer par rapport à la concurrence d’un avantage concurrentiel indéniable par rapport à des compagnies moins bien couvertes.

► Comment ça marche ?

Concrètement, les couvertures pétrolières sont des outils financiers, totalement déconnectés de l’achat physique de carburant, qui permettent de se protéger du risque sur les matières premières.

Cette politique est suivie en continu par Air France, sur 48 mois glissants, en ayant principalement recours au « swap » : la Compagnie s’engage à l’avance auprès d’intermédiaires financiers (banques, traders…), à payer un prix fixe, à une échéance donnée, pour une proportion décroissante, au fil des ans, du volume total consommé. Les politiques de couvertures ont néanmoins une limite importante, liée aux cours du pétrole : dès que ces derniers se stabilisent durablement, l’efficacité des couvertures diminue progressivement, et l’on finit par payer le pétrole à son prix réel.

D’autre part, si les cours baissent, tous les gains sont anéantis, et les couvertures se transforment en pertes, un cas de figure qu’a connu Air France en 1998, avec des pertes d’opportunité de 87 millions de dollars. Néanmoins, comme le montre l’illustration ci-contre, leur efficacité n’est plus à démontrer dans les périodes de forte hausse.