Au-delà de ses performances techniques, le Concorde était une œuvre d'art volante, un modèle de design et d'élégance, tant par sa silhouette extérieure que par son aménagement intérieur. Son profil effilé, ses ailes delta et son nez basculant lui conféraient une allure futuriste et intemporelle, lui valant le surnom d'« oiseau blanc ».
À l'intérieur, Air France a veillé à ce que l'expérience soit à la hauteur de la promesse supersonique. Dès sa mise en service, la conception de la cabine, tout comme les arts de la table, furent sublimés par des designers de renom.
Le designer franco-américain Raymond Loewy fut le premier à concevoir l'aménagement de la cabine Concorde pour Air France en 1976. Un aménagement intérieur composé d’une chaude harmonie de beiges clairs et de brun qui, dans l'éclatante lumière des hautes altitudes, donne à la cabine une élégance moderne. Raymond Loewy dessina également toute la vaisselle du supersonique. Original et fonctionnel, ce service complet de vaisselle représente un nouveau pas vers une esthétique simple, aux lignes épurées.
En 1985 puis 1988, Pierre Gautier-Delaye propose deux nouvelles ambiances de cabine : d’abord une palette rouge tulipe, bleu et beige, puis une harmonie de jaunes et de gris.
Puis, en 1994, Andrée Putman, surnommée « l’Ambassadrice du Style », apporte une touche très contemporaine et très moderne, repensant entièrement l'aménagement intérieur. Elle imagine des sièges coiffés d'un postiche, une moquette aux motifs géométriques noirs et blancs, et un plateau-repas en carton ondulé délicatement plissé.
L'élégance s'étendait également aux uniformes du personnel. En 1976, la maison Jean Patou et son directeur artistique Angelo Tarlazzi créèrent des uniformes exclusifs pour les hôtesses Concorde, avec des robes chemisiers à rayures évoquant le logo de la compagnie. En 1985, Nina Ricci signa de nouveaux uniformes en crêpe bleu ardoise, marine ou gris perle, conçus pour s'harmoniser avec les intérieurs revisités.
Le Concorde offrait une expérience sensorielle complète, où chaque détail contribuait à l'aura de prestige et de raffinement.